Les Editions Anspach, passionnés de bandes dessinées

Ancien journaliste bénévole et rédacteur en chef pendant plus de 20 ans de Fanzines spécialisé dans la bande dessinée, Nicolas Anspach a lancé sa propre société d’édition Les Editions Anspach il y a quelques années.

Exerçant aujourd’hui comme éditeur, il nous raconte son parcours ainsi que ses diverses activités alliant à la fois sa passion pour la bande dessinée et son métier dans la communication et le marketing.

« J’ai travaillé pendant quelque temps pour un éditeur à Genève, mon activité dans la bande dessinée a toujours été en parallèle de mon métier principal. Encore aujourd’hui, je consacre deux jours à ma maison d’édition et le reste du temps, je travaille pour des clients pour lesquels je fais de la communication et du marketing. »

Un premier projet

« Baudouin Deville, un auteur avec lequel j’ai travaillé quelques années auparavant chez l’éditeur Suisse est venu me trouver pour collaborer sur un projet consacré à l’Atomium. Son éditeur lui a proposé de travailler avec un scénariste Marseillais, ce qui me semblait ridicule. »

Nicolas Anspach trouve important que le projet soit porté par un scénariste belge. En effet, en plus de l’Atomium, notre éditeur a pour objectif de représenter notre pays dans sa globalité.

« Pour moi, il était important que l’auteur soit belge ou au moins qu’il y ait vécu pendant quelques années. »

Nicolas propose alors à l’illustrateur, un scénariste, Patrick Weber. Journaliste, historien de l’art, chroniqueur royal, il avait déjà écrit de nombreuses BD et … des livres consacrés à l’histoire de la Belgique.

Ils décident de monter le projet ensemble, Nicolas souhaite uniquement exercer le rôle de consultant. La bande dessinée terminée, il la soumet alors à plusieurs éditeurs qui ne semblent pas séduits par l’idée.

Une société inattendue

« Quand j’ai vu qu’aucun éditeur ne souhaitait prendre le projet, j’ai décidé de me lancer et de l’éditer moi-même en ne pensant qu’il faudrait en imprimer 8000 exemplaires qui se vendraient en librairies, et au pire, j’épuiserai le tirage, en 4 à 5 ans au shop de l’Atomium. »

En commençant les démarches, Nicolas prend conscience qu’il faut bien plus qu’un travail de qualité et de la bonne volonté pour éditer une bande dessinée.

« Je me suis rapidement rendu compte qu’il était indispensable que je m’installe en société, que je travaille dans un bureau avec un diffuseur/distributeur, un comptable. Mais surtout qu’il s’agissait d’un projet coûteux et particulièrement si on souhaite rémunérer les créateurs à hauteur de leur travail et leur talent. »

Une véritable passion

À la suite de ce constat, Nicolas Anspach décide de lancer un crowdfunding en faisant appel aux amateurs de bande dessinée qui s’avère être un succès. C’est ainsi qu’en 2017 naissent Les Editions Anspach.

Le projet plaît tellement à la petite équipe, qu’ils décident de se lancer dans une nouvelle aventure avant même la parution du premier projet.

« On a donc décidé de se lancer dans une deuxième bande dessinée. Le premier parlait de l’exposition universelle de 58 et la suite logique voulait que le second traite de l’indépendance du Congo, deux ans plus tard. »

L’aventure ne s’arrête pas là puisque deux autres bandes dessinées dédiées à la Belgique voient le jour : Bruxelles 43 qui parle de la capitale pendant la Seconde Guerre mondiale et Innovation 67 qui évoque le drame de l’Innovation.

Au bout de quelque temps, Nicolas se rend compte qu’il ne peut pas rester sur une seule œuvre.

« Je travaille principalement en achat de licence, il s’agit de bandes dessinées produites par des éditeurs étrangers que je trouve intéressantes et pertinentes pour le marché franco-belge. J’achète la licence et je les publie chez nous en français. »

Le Covid, un coup dur pour le monde littéraire

Pour le secteur du livre, la crise du Covid a été particulièrement difficile. Certains acteurs du milieu en ressentent encore les répercussions à l’heure actuelle.

« Les libraires ont la faculté de retour des livres. Si le livre se vend bien, les libraires ont la possibilité d’en commander d’autres, mais si ce n’est pas le cas, une note de crédit intervient. Le libraire a cette opportunité pendant 2 à 3 ans. »

Pendant le confinement, les libraires ont dû fermer tout en continuant à payer le loyer ainsi que tous les frais liés à leur commerce. Afin de dégager de la trésorerie, un grand nombre d’entre eux ont décidé de renvoyer tous les livres de leur étalage.

« Je me suis retrouvé avec plusieurs notes de crédit aux montants importants à devoir assumer. »

Forte heureusement, Sourire 58, la bande dessinée phare des Editions Anspach s’est vendue à plus de 25 000 exemplaires pour le premier tome et plus de 15 000 pour les suivants.

À la suite de la crise, Nicolas se rend alors compte qu’il est indispensable de sortir des albums plus régulièrement afin de pouvoir pallier d’éventuels imprévus. Depuis l’an dernier, un album est sorti tous les trimestres et souhaite rester sur une augmentation constante de sa production.

« Aujourd’hui, j’accompagne plusieurs auteurs dans leur processus de création, j’interviens sur le scénario en tant qu’éditeur en proposant des idées aux créateurs. J’accorde surtout une énorme d’importance au choix de la couverture d’un album qui est pour moi une étape cruciale avant la parution d’une œuvre littéraire. »

Un avenir prometteur

L’objectif de Nicolas Anspach est de grandir, mais petit à petit. Le secteur de la bande dessinée reste très compliqué et, en moyenne, les ventes se limitent à 2000 ou 3000 exemplaires par parution. En effet, les grands éditeurs possèdent tous des projets phares sur lesquels ils multiplient les parutions avec énormément de promotion. Et il y a entre 5000 et 6000 nouveautés qui sortent chaque année. Le secteur est donc très concurrentiel.

« En tant que petit éditeur sans ventes de fond, je travaille en crowdfunding avec des passionnés et amateurs de bande dessinées qui connaissent le secteur. Ils sont prêts à investir pour permettre aux créateurs d’être rémunérés correctement. »

Dans un secteur aussi compliqué que celui de la bande dessinée, Nicolas trouvait qu’il était essentiel d’être orienté du mieux possible au niveau de sa comptabilité.

« Mon papa était expert-comptable et administrateur de sociétés, il avait eu Olivier De Bonhomme en stage. Il avait énormément de respect et d’admiration pour lui. Dès que je me suis lancé en tant qu’indépendant, il était logique que je me tourne vers lui. Pour moi, ODB, c’est avant tout le conseil, l’efficacité et le dynamisme. »

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